CLUB
PHILATELIQUE BRIOCHIN collectionneurs en pays de St Brieuc |
INITIATION A LA PHILATELIE (articles tirés de : LA PHILATELIE POPULAIRE (Revue éditée par l'Union Philatélique Internationale) |
1 - LA RECOLTE DES TIMBRESAvant-propos :Nous ne voulons pas, dans cette rubrique, voir tout ce qui concerne la philatélie, mais ce qui souvent semble connu de tous et qui, en réalité, ne l ’est souvent que très partiellement, C’est à la demande de divers amis que j’ai bien voulu essayer de récrire ce qui l’a déjà été mille fois et sûrement mieux que je ne le ferai. J’y ajouterai mes idées personnelles. qui n’engageront donc que moi. Si je réussis à intéresser quelques-uns d’entre vous, j’aurai rempli la tâche qui m’est confiée. Surtout, n’hésitez pas à m’écrire si vous découvrez dans mes propos des erreurs ou des oublis importants. La récolte.Nous allons commencer, si vous le voulez bien, non pas par l’histoire du timbre ni par son impression. Non, car celui qui lit ces lignes, à son début ne connaissait ni l’une ni l’autre. J’oserais même dire qu’il s’en moquait bien. Par contre, II avait en main des timbres. Qu’en faire ? Comment collectionner tout cela ? Car la récolte est disparate. C’est la vieil album de grand-père retrouvé au grenier dans le vieux pétrin, ce sont les timbres que votre épouse ramène du travail. Ce sont vos voisins qui connaissent votre « manie » et qui vous en apportent, c’est votre courrier personnel. C’est aussi, bien sûr, au guichet de la poste, dans les carnets de circulations, par les échanges au sain de voire club. Les sources d’approvisionnement sont multiples, mais elles aboutiront toutes sur votre bureau ou dans le tiroir réservé à cet effet-La faute capitale à ne pas faire, c’est de découper le timbre et de jeter le reste de l’enveloppe sans y avoir porté un regard attentif. En parodiant le poète, je dirai : « Ô. combien de supports, combien de documents, qui étaient assurés, d’un avenir brillant, ont été ramassés par de braves innocents qui êtes ont détruits sans discernement » ! Qu’avez-vous fait ? Avez-vous vérifié s’il n’y avait pas une oblitération originale particulière ? Avez-vous contrôlé si aucun indice ou repère sur l’enveloppe ne présentait pas d’intérêt ? Et même dans ce cas, savez-vous, à l’exception des timbres-poste courants, et encore il y a lieu d’y réfléchir, que le timbre oblitéré sur lettre présente un intérêt plus grand que le timbre détaché. Pourquoi donc ? Simplement que déjà, vous voyez l’oblitération complète. Il y a un autre cachet en général sur l’enveloppe qui permet de connaître sa provenance sans ambiguïté. Si la lettre est recommandée, on trouve un cachet d’arrivée. Votre timbre a bien rempli son office, la lettre a circulé, c’est un document postal authentique, II n’a aucune arrière-pensée. il n’a pas été fait pour vous, II est pur, franc, sans aucune ambiguïté. Un timbre détaché est sujet a une oblitération de complaisance. Pour certains pays, on oblitère la feuille entière au départ, à l’imprimerie comme nos préoblitérés. Les collections fourmillent de ces timbres qui, il faut bien le dire, ont été faits pour nous et nous seuls, sans aucun but postal, mais uniquement pour le philatéliste. A ce compte, vous me direz que nous ne devons pas collectionner les timbres neufs, puisque, tant que l’office n’a pas été rempli, nous n’avons affaire qu’à une image. Oui, c’est exact. Voua poursuivrez en me déclarant que les cacheta premiers jours, les enveloppes officielles ou non (F.D.C.), les documents postaux ou privés, tout cela n’est que matière à commerce philatélique et n’a qu’un rapport lointain avec l’idée de Rowland Hill Que puis-je vous répondre sinon vous dira que vous avez entièrement raison. Mais la tradition veut que l’on collectionne les timbres neufs depuis l’origine, car ils sont en général plus beaux que les oblitérés n’ayant pas été « souillés » par le cachet du postier. Je vous soufflerai à l’oreille que les documents édités par l’Etat ou les sociétés ou clubs philatéliques permettent à ceux-ci et celui-là des rentrées financières qui leur permettant, tout au moins pour ces derniers, d’avoir des activités plus importantes, plus diversifiées, en un mot de mieux servir leurs adhérents. Mais cela entraîne des contradictions, Par exemple, essayez donc, essayez donc, dans le cadre des expositions de la F.S.P.F. (Fédération des Sociétés Philatéliques Françaises) d’exposer des enveloppes dont elle recommande la vente, car éditées par elle ou ses clubs. Vous n’y récolterez qu’une superbe moue de la part des jurés et vous repartirez avec un diplôme de,,, participation. Mais passons sur tout cela, c’est la tradition, c’est admis, il faut suivre la mode. Je vous ferai cependant une suggestion, c’est de ne pas retirer votre enveloppe F.D.C. mais de vous la faire expédier, elle aura circulé et aura malgré tout rempli son office postal. Prions pour qu’elle arrive et en bon état ! Donc, la première chose à faire. C’est d’attendre, si vos connaissances sont faibles. Oui attendre qu’un ami plus expérimenté vous dise s’il y a intérêt ou non de conserver le ou les timbres sur enveloppe. On pourrait, bien entendu, tout garder sur enveloppe, mais cela prend beaucoup de place et ne facilite pas le montage d’une collection. Un conseil prenez une boîte à chaussures, c’est formidable. Classez-y vos enveloppes. Peut-être que notre président trouvera que, dans ce cas, nous sommes des ramasseurs. C’est exact, pour l’instant nous ramassons. Plus tard, nous verrons ce qu’il y a lieu de faire. Les timbres qui ont du papier au verso, qui vous ont été fournis prédécoupés, tout ça ira dans une deuxième boite à chaussures. Quant aux timbres propres, neufs ou oblitérés, on les mettra dans un classeur en attendant la prochaine fois si vous avez encore le courage de me lire. Les évolutions de la fabrication du timbre posteActuellement, il y a de par le monde plus de 700 000 timbres Nous ne parlons pas de ses variétés, de types différents ou autres. Chaque année, plus de 10 000 timbres s’ajoutent à la liste et arrivent sur le marché C’est, comme je vous l’avais annoncé, l’impossibilité de collectionner le monde entier. Et pourtant, c’est bien agréable de courir de par le monde dans son fauteuil. Dans les années 1950, une variante apparaissait Ce fut de s’intéresser au maximum de pays sans faire tous les timbres, ce fut de choisir un sujet donné : Par exemple* les fleurs, les serpents, les oiseaux ou les écrivains. On peut encore sélectionner et par exemple prendre les fleurs d’Asie ou les fleurs médicinales, etc. Bien sût, vous pouvez vous contenter de jeter votre dévolu sur un ou plusieurs pays. Pour nous, quel philatéliste ne fait pas la France puisque nous avons toutes les facilités pour les obtenir. Mais chaque état a sa façon de faire, je dis « sa patte » et un timbre du Japon et un timbre chinois, bien qu’ils soient physiquement proches, sont très différents tant sur les sujets, les couleurs ou le graphisme. Ce fut là, le début de la thématique Les fins de catalogues.A la fin des catalogues apparaissent des rubriques qui, pour beaucoup, sont sans intérêt Et pourtant ! Je vous en livre quelques sujets : Les timbres pour colis postaux qui, par un accord passé par la poste et les chemins de fer faisaient acheminer par ces derniers, leurs colis. Ces compagnies puis la SNCF émirent des timbres pour ce service. Les timbres de distributeurs sont des étiquettes autocollantes qui remplacent votre affranchissement et se développent de plus en plus Les carnets qui sont souvent aussi trouvés dans les distributeurs. La Poste émet des timbres de différentes façons, d’abord en feuilles pour être vendus au détail par La Poste. Mais aussi pour les bureaux de tabac, elle présente les timbres en carnets de 5. 10, 20 timbres, ce fut très variable. Ces carnets eurent trés vite de la publicité SUR leurs couvertures puis sur les bords des timbres Par la suite, cette pratique cessa, mais des carnets dont parfois des timbres apparurent que l’on ne trouvait pas ailleurs tel le 0,70 F Marianne du bicentenaire. Egalement à l’occasion de certaines manifestations, un carnet paraît. C’est le cas pour le timbre Croix-Rouge en fin l’année ou la journée du timbre, pardon, j’oubliais ; la fête du timbre. Parurent aussi des carnets pour les grands hommes C’est une opération intéressante pour La Poste car la majorité des carnets restent neufs et sont tout bénéfice pour elle. La preuve, cherchez donc des carnets oblitérés, il y en a vraiment très peu. Il existe aussi des appareils pour vous délivre un seul timbre La Poste émet donc des timbres en rouleaux qui comportent 1000 timbres chacun Actuellement ces timbres n’ont pas de dentelures verticales. On collectionna longtemps ces timbrer par bande de 6 car les feuilles ne comprenaient que 5 timbres en vertical et c’était la certitude d’avoir ce que l’on appelle une « roulette » avec numéro rouge. Par la suite, il fallut 11 timbres pour trouver un timbre avec le numéro au dos. Maintenant, avec l’absence de dentelure verticale, ce n’est plus nécessaire mais certains collectionneurs ont conservé cette habitude. Les entiers postaux (aujourd’hui baptises « prêt à poster qui sont des enveloppes ou cartes pré-timbrées, vous facilitant l’envoi du courrier Ce type de document fait l’objet de art entière Des pays ont émis plus d’entiers que de timbres et font l’objet d’un engouement certain. Les timbres-taxe, qui ont été utilisés pour compléter un manque d’affranchissement du courrier envoyé Ces timbres, en fait, complétaient, remplaçaient et pénalisaient l’affranchissement manquant. Les timbres de franchise militaire qui en général sont surchargés FM., permettaient aux militaires de bénéficier d’une franchise pour l’envoi de leur courrier. Les préoblitérés, qui sont des timbres, comme leur nom l’indique qui ont été oblitérés par avance et servent à l’envoi de courrier, surtout publicitaire, eu grande quantité. Les timbres de service de l’État ou d’organismes officiels comme l’UNËSCO ou le Conseil de l’Europe. Je n’évoque pas les timbres de la poste aérienne qui sont en général inclus avec les timbres et malgré que l’on continue d’en émettre, ne servent à rien puisque c’est en fonction des distances et des besoins que vos lettres prennent ou non l’avion. Les blocs émis à l’occasion de manifestations ou d’anniversaires Ils sont destinés aux philatélistes et ne sont qu’un moyen pour financer telle ou telle opération. On a beaucoup collectionné les coins datés (4 timbres avec la date d’impression) ainsi que les millésimes (2 timbres encadrant le millésime). Il existe des timbres fictifs que les catalogues ne répertorient plus, on se demande bien pourquoi Ils servaient aux élèves postiers dans les écoles, pour apprendre leur métier. Par contre, on trouve dans les catalogues des timbres « Télégraphe. » ou « Téléphone ». Ce n’est pas interdit de s’en préoccuper mais, si c’était La Poste qui gérait ces services au départ, il faut reconnaître que ce n’est pas vraiment des pièces ayant directement liait au courrier. En fin de catalogue, vous trouvez un répertoire des feuillets souvenirs de la CNEP (Chambre syndicale française des négociants et experts en philatélie). Inutile de vous dire de ne pas les collectionner car ce sont des documents souvenirs pour aider le fonctionnement de ce syndicat des marchands de timbres D’autres timbres entrent dans l’histoire.En France, il y eut au cours de la guerre de 1870 des courriers qui adoptèrent des modes originaux Des lettres circulèrent par ballons, d’autres messages furent acheminés par des pigeons, ce furent les pigeongrammes. Des lettres parcourent le trajet de la Seine, il s’agissait des boules de Moulins. Des timbres d’occupation allemande furent émis pour l’Alsace et la Lorraine. Ce fut d’ailleurs repris en 1940. La fin de la guerre en 1944 vit des émissions de la Libération dues à des résistants. Il y eut des timbres dit « de grève » en cas de grève prolongée des facteurs En regardant seulement un pays, l’histoire vous parle par le timbre Prenons la France : En 1849, c’est la Seconde République. En 1852, c’est encore la république mais la Cérès a fait place à Louis-Napoléon Bonaparte. I1 va se sacrer empereur sous le nom de Napoléon III en 1852 et les timbres avec République Française continueront encore un an. Ce fuient ensuite les timbres avec Empire jusqu’en 1870. La Céiès réapparaîtî pendant le siège de Paris et ensuite la Commune de Paris réprimée par les Prussiens. Le Gouvernement replié à Bordeaux, imprime des timbres sans dent car il n’a pas les machines. Puis, c’est la 3ème République jusqu’en 1940 Arrive alois le gouvernement (si l’on peut dire) de Vichy qui supprime « République » et remplace par « Postes Françaises » et « Etat Français ». En 1944 arrivent des timbres imprimés aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Algérie. Enfin, voici la 4èime et la 5ème République qui n’ont pas été marquées philatéliquement. Notons cependant que le changement de monnaie en 1960 amena a éditer des timbres qui passent, par exemple de 5 F à 0,05F nouveaux à l’époque, mais il y a 40 ans Prenons l’Allemagne D’abord paraissent des timbres d’états tels que la Prusse, la Saxe, Tour et Taxis, Le Wurtemberg et autres. Ils disparaissent avec la fusion dans l’Allemagne Fédérale, les timbres de Berlin : l’Allemagne Orientale (par opposition à l’Allemagne Occidentale) et aujourd’hui c’est à nouveau L’Allemagne. Voici 150 ans d’histoire en quelques lignes. Il n’y a plus maintenant qu’à prendre sa loupe pour entier dans le détail de tout cela ! article écrit par K. Talog |
2 - La toilette et l’examen des timbres Nettoyage des timbresCes timbres que vous avez récupérés et qui ont encore des morceaux de papier au dos vont donc nous occuper maintenant. On ne doit pas mettre dans sa collection un timbre qui n’est pas propre, il faut qu’il faire sa toilette s’il veut avoir droit de figurer dans votre album. La toilette du timbre consiste donc à le laver. Toutefois, avant de prendra la cuvette d’eau et d’y précipiter vos timbres, un examen s’impose. D’abord. il faut se débarrasser de toutes les doublures d’enveloppes de couleur qui déteignent. Il faut aussi laisser le minimum de papier autour du timbre en évitant le coup de ciseaux malheureux. Attention également aux timbres collés sur carton d’emballage, jaune ou vert. Toutes ces précautions pour vous éviter un bain de teinture plus qu’un nettoyage. Vous mettrez donc dans une cuvette de l’eau froide ou tiède, mais pas d’eau chaude, certains y ajoutent une poignée de sel qui ravive les couleurs. N’oubliez pas que l’eau du robinet est javellisée et ternit les couleurs. Vous mettez vos timbres un à in en évitant de les jeter par paquets, car ils risqueraient de ne pas bien s’humecter. En plaçant vos timbres dans l’eau, vous les regardez bien, car il y en a qui sont comme les chats, ils n’aiment pas faire trempette. Quels sont-ils ? Voila une question difficile à répondre. En pourcentage, II est certain que leur nombre est minime, il ne représente que quelques centaines. D’abord toutes les couleurs tendres, qui pâlissent ensuite, les violets, même les timbres émis récemment. Les papiers fragiles, tels que pelure, minces, et surtout les papiers dits couchés, que t’on reconnaît a leur brillance, risquent des détériorations. Il y a les timbres anciens, dont l’encre d’impression comprenait de l’aniline et qui risquent de ressortir sans dessin. Les timbres dorés ou argentés sont également sensibles à l’eau. I ! en est de même de ceux imprimés en relief, telles les têtes de rois ou d’empereurs. Dans les timbres anciens, je vous signale les émissions anglaises de 1887 à 1924. Les premiers de Russie, de Pologne, de Suisse, de Grèce, d’Espagne, des Pays-Bas, de la Perse, et d’autres encore, il y a aussi ceux d’Obock et Côte des Somalis, les surcharges de Panama, du Chili, de Nossi-Bé ou de Diego-Suarez. Vous êtes bien embarrassé, |e pense, et ne savez plus quoi mettre dans l’eau. Pour tous les timbres qui vous laissent perplexe, il y a une méthode plus longue que nous allons voir, mais auparavant, finissons notre grosse lessive avant d’attaquer la lingerie fine. Après avoir laissé tremper nos timbres environ une demi-heure, on les relire un à un en prenant bien soin qu’il ne reste plus rien au dos. Il faudra peut-être passer le doigt et frotter dans l’eau pour bien retirer certaines gommes, les russes par exemple. On les met ensuite à sécher sur un buvard blanc, l’image du côté du buvard. Une fois encore, les timbres se recroquevillent, certains croient que la logique veut qu’après la lessive, on fasse le repassage avec un fer à repasser froid ou tiède. Je conseille plus simplement de les placer quelque temps dans un lieu de redressement Ce sera pour nous un gros livre, où nous placeront les timbres entre les pages, en notant bien où nous les mettons. Au bout de quelques jours, on les retirera pour les trier et enfin les mettre dans un classeur. Reprenons nos timbres fragiles. II faut les placer dans un milieu saturé d’humidité. Pour cela, prenez une boite métallique genre cigares ou cigarettes. placez y plusieurs couches de buvard blanc sur une hauteur de 1 cm environ, enveloppez-les dans un tamis très fin plastifié. Vous mettez de l’eau, en égoutter l’excès et vous placez vos timbres, image au dessus, vous refermez la boîte et attendez en moyenne deux heures. Ensuite à l’aide d’une pince, car avec les doigts ce serait une catastrophe, vous prenez le timbre la plus au bord possible et avec une autre pince, vous faites glisser, puis soulevez le papier superflu. Par cette méthode, on enlève facilement les grosses charnières placées sur les timbres neufs. Pour ces derniers on peut même remettre ensuite le timbre dans la boîte, image contre le tamis et la gomme va s’égaliser et fera presque disparaître la trace de la charnière. Je vous signale que l’on trouve dans le commerce ce genre de boîte, appelée par les uns « boite à regommer » et « séparateur » . par les autres Il faut ensuite procéder commepour les timbres lavés, les faire sécher sur buvard blanc puis redresser et enfin ranger dans votre classeur. Nous évoquerons plus tard les tâches de rouille, les cachets trop gras, etc., car II faut la panoplie du parfait chimiste, et je ne veux pas soit vous effrayer, soit vous faire jouer Las apprentis sorcier pour l’Instant. L’examen de nos timbresNous avons donc nettoyé nos timbres. Il faut donc maintenant, avant de les accepter dans notre collection qu’ils subissent l’examen de passage que vous allez leur imposer. Soyez exigeants, car il est fréquent que l’on se dise que tel timbre en mauvais état est placé dans la collection en attendant mieux et l’on retrouve ce timbre 20 ans plus tard. Car lorsque l’on trouve un autre timbre, on pense déjà l’avoir et on ne remplace pas le timbre défectueux. Et faut donc dans ce cas considérer que l’on n’a pas le timbre et alors pourquoi avoir conservé le sujet défectueux. Bien sûr s’il s’agit d’un timbre rare, on peut être moins exigeant, c’est fonction de votre portefeuille mais pour un timbre courant, il faut être difficile. Tout timbre dentelé avec des dents abîmées, avec des dents manquantes, sera banni. Pour les non dentelés, il faut que le filet d’encadrement du timbre soit entier, II ne faut pas qu’il soit « touché ». Pour les timbres que vous aurez en plusieurs exemplaires, vous choisirez le plus beau pour mettre dans votre album. Vous serez guidé en cela par sa parfaite dentelure, par son centrage, le meilleur de ceux que vous avez. Le cachet devra être net, lisible et léger. Voilà ici presqu’une impossibilité et il est très difficile de pouvoir lire correctement la date, le lieu de l’oblitération sans pour cela altérer l’image du timbre. Le but initial du timbre est de payer un service et le cachet qui annule le timbre doit être suffisamment marqué pour éviter son réemploi, cela ne fait pas toujours votre affaire. On se rabat souvent sur les oblitérations d’angle où on ne voit rien et si la beauté de l’image y gagne, la recherche philatélique devient nulle et on ignore comment, quant et où le timbre a été oblitéré. Vous voyez que ce n’est pas facile. Ce n’est pas tout. Je vous ai dit que la dentelure doit être parfaite. Oui, c’est vrai pour nos timbres français, mais de nombreux pays ont des timbres avec dentelure imparfaite, avec différentes sortes de perforations qui pourraient vous faire croire que le timbre est défectueux alors qu’il n’en est rien. Je pourrais aussi vous dire que pour le centrage, c’est la même chose. Certaines émissions n’ont aucun timbre parfaitement centré, si un de ces timbres décentré est en réalité de premier choix. Ce n’est donc pas à priori, sans connaissance que l’on peut juger sans arrière-pensée. C’est l’expérience, c’est le conseil de vos amis dans votre club, c’est ta lecture du lexique du catalogue, ce sont les ouvrages spécialisée, c’est la vue de nombreux timbres qui feront dire aux jeunes en écoutant votre avis (dans 10 ou 20 ans) : « Comment savez-vous tout cela ? ». Et là comme ailleurs, l’humilité est de rigueur, car il est bien certain que plus on acquiert de connaissances, plus on se rend compte de son ignorance. De tous ces timbres triés, les défectueux mis à la poubelle et surtout pas donnés aux jeunes amis ou voisins, il faut maintenant les classer, les rechercher avec l’aide des catalogues. C’est un travail long, pas toujours facile et qui est à la base de ce qu’est notre loisir et fait le philatéliste. Tout cela exige une grande patience, il faudra fréquemment remettre l’ouvrage sur le métier et souvent demander le concours de vos amis qui doit être acquis si ce sont de vrais collectionneurs. |
| 3 - La valeur du timbre, la cote, le prix, par France Peschl Il ne s’agit pas de se voiler la face et de faire semblant d’ignorer cette question comme le font beaucoup de fascicules consacrés à la philatélie. Cette question est d’importance et doit au contraire être explicité assez largement pour que chacun comprenne bien le sujet. D’ailleurs il existe quelques ouvrages qui eux, expliquent le côté financier sans s’intéresser aux autres aspects de ce loisir. Dans les rencontres avec les non-collectionneurs, les questions que l’on entend constamment sont du genre : « Est-ce que ça rapporte ? », « Avez-vous des timbres qui valent chers ? », « Combien vaut votre collection ? ». Cela est essentiellement du aux médias qui ne s’intéressent qu’au sensationnel, annoncent qu’à telle vente, un timbre s’est vendu à New-York ou à Bâle 200.000$ ou 400.000 francs suisses. Chacun de vous, qui avez trouvé quelques timbres et les avez dans une pochette quelconque, êtres certain d’avoir une fortune. Vous allez voir le premier marchand venu qui vous conseille dignement de tout mettre à la poubelle. Monde de voleurs, de tricheurs et autres, vous diriez-vous. Oui et non. Ni plus ni moins qu’à la bourse ou dans les antiquités, les vieux meubles ou les tableaux. Vous dire que cette question est complexe ne vous surprendra donc pas. Aussi nous allons essayer d’y aller dans un ordre de progression, j’espère logique, du collectionneur au cours de sa vie. La coteAu tout début, on échange les timbres par la méthode de nos ancêtres, le troc. Tu me donnes 10 timbres, je t’en donne 10. Si vous êtes tous les 2 débutants, c’est très bien. Si l’un de vous 2 a des connaissances en philatélie, vous serez surement volé, sauf si vous avez affaire à un collectionneur pur, un vrai, il en existe encore. Dans ce cas, il ne vous proposera pas le troc mais cote contre cote. Le mot est lancé : cote. Qu’est ce exactement ? C’est un argus autour duquel devraient s’effectuer les transactions, comme pour les voitures. Mais cette cote comment est-elle établie ? Et qui l’établit ? Elle devrait logiquement être le reflet de l’offre et la demande. Si un timbre émis à 100.000 exemplaires, n’est recherché que par 10.000 personnes, il devrait être moins cher que celui tiré à 100.000 exemplaires et recherché par un millions d’amateurs. Hélas, la plupart des catalogues sont directement ou indirectement le reflet d’un stock de marchands de timbres, soit isolés, soit groupés. Le premier timbre évoqué risque de valoir plus cher que le second si son stock (ou leurs stocks) est (ou sont) plus important. D’autre part, un grand nombre de paramètres entrent en ligne de compte. Par exemple, un timbre est toujours acheté plus cher dans son pays qu’à l’étranger. Il est souvent plus facile de trouver un timbre qui cote 10.000€ plutôt qu’un qui cote 1€… La qualité du timbre ou du document joue un grand rôle, son état, son oblitération, sa fraîcheur interviennent. Il y a aussi une foule de documents ou d’oblitérations qui n’ont aucun catalogue qui les répertorie, qui les estime. On ne sait leur nombre, ni les clients potentiels, d’où la difficulté de donner une valeur. Cela se fait à la tête du client et de son… portefeuille. Des pays sont plus collectionnés que d’autres. Dans les pays où il y a plus de philatélistes, le marché est plus actif et les prix s’en ressentent et on négocie plus cher. Les pays pauvres sont peu développés en philatélie, et pour cause. Il est certains que les Ethiopiens ou les Soudanais ont d’abord à penser à leur survie. Le timbre n’est donc pas recherché chez eux et va sur les marchés extérieurs qui les recherchent moyennement. Alors que, par exemple, les timbres allemands sont collectionnés par eux, mais aussi par beaucoup de philatélistes européens. Rare et pas cher ?Timbre rare et pas cher, timbre cher et pas rare ? Cette phrase est souvent dans nos conversations. De quoi s’agit-il ? Le timbre vedette de France est le 1F vermillon. Tiré à moins de 300.000 exemplaires, on peut estimer qu’il en reste sur le marché, malgré son ancienneté (1849), plus que le 2F Merson de poste aérienne, vendu à 60.000 exemplaires en 1927. Le premier cote 300.000F, le second 1300F. N’importe quel fournisseur peut, en quelques heures, vous fournir l’un ou l’autre. Ces deux timbres sont chers mais pas rares. Il y a plus d’amateurs de bracelets à 10F que d’amateurs de bracelets provenant d’un joaillier installé Rue de la Paix. Existe-il des timbres rares et pas chers ? Des timbres, je ne le crois pas vraiment car ils sont bien répertoriés en général, sauf quelques uns, c’est vrai mais par contre c’est exact pour des oblitérations, des documents. Mais pour cela, il faut que vous soyez un érudit dans un domaine précis, que vous ayez des connaissances approfondies que les autres n’ont pas, marchands compris. Il vous faut donc du temps et de la patience pour acquérir ces connaissances. Notons cependant que ce document rare, voire rarissime, s’il n’est recherché que par vous, ne vaut que ce que vous offrirez. Il y a enfin la mode. Si aujourd’hui la vogue est à collectionner les types Blanc ou les Mouchon sur lettre, leur prix va grimper et vous paierez plus cher qu’hier et peut-être que demain si la mode vient à passer. Par contre, si vous faites ce que les autres ne font pas, vous trouverez beaucoup de choses à des prix très abordables. Les spéculateursComme à la bourse, des gens se lancent sur ce marché dans l’espoir qu’il sera le plus « juteux » possible. On assiste ainsi à des montagnes russes. Voici le processus : quelques timbres, une série comme les carnets des hommes célèbres de 1985 voient leur faciale d’achat se transformer en 4, 5, 10 fois son prix et ceci en quelques mois. Ils achètent donc tout ce qui sort et le marché s’emballe, on s’affole, les prix montent. Cela dure un certain temps et les acheteurs pressés sont servis, mais il faut bien récupérer la mise, on vend donc un peu, puis un peu plus. Le marché commence à diminuer, on accélère les ventes et alors, ces valeurs se retrouvent presqu’au prix payé par la poste, il y a 4 ou 5 ans. Le spéculateur s’intéresse aussi aux cotes en hausse que l’on voit sur les catalogues et il achète car il y a de nouveaux collectionneurs ou un marché plus porteur. L’effet boule de neige se produit comme pour notre série de tout à l’heure. Puis le marché se stabilise et redevient calme, les cotes s’écrasent et les spéculateurs vont voir dans les tableaux ou les meubles s’il y a des pigeons à plumer. C’est ou plutôt c’était, une tendance avec une fréquence de l’ordre de la dizaine d’année. Il y a une légère modification à apporter, c’est la crise qui, jouant sur les finances, interfère forcément sur le marché avec tendance à la baisse. Par ailleurs, l’ouverture sur les pays à monnaie forte fait aussi parfois augmenter considérablement les prix et voir la marchandise partir à l’étranger, en Allemagne, aux Etats-Unis et au japon par exemple. Il est très amusant de lire la presse ancienne. Elle vous parle de la tendance du marché. Il vaut mieux rechercher tel pays plutôt que tel autre. Même dans des revues sérieuses, des auteurs avaient prédit des choses absolument fausses aujourd’hui. Il ne faut pas augurer de l’avenir, c’est lire dans une boule de cristal ou prédire la météo dans 5 ans. |